Le développement des exportations agricoles et agroalimentaires est tributaire à la fois de nouveaux débouchés et de la capacité d'en développer l'offre exportable.
La nouvelle stratégie nationale de promotion de ces exportations, ancrée au PMV, cible 17 marchés, confrontant le Maroc dans l'effort d'en diversifier. Ceci ne devrait pas affecter son agressivité sur le marché communautaire, surtout qu'un agenda de négociations agricoles avec l'UE serait dans l'air.
Ils étaient réunis, mardi à Rabat, lors de la 7e session du Comité d'association Maroc-UE, consacrée à l'évaluation des actions menées par les sous-comités de coopération et la définition des futures étapes de mise en oeuvre effective du ''statut avancé''. Hugues Mingarelli, directeur général des Relations extérieures de la Commission européenne, conduisait la délégation de l'UE. Au menu, des priorités et des perspectives contractuelles futures des relations bilatérales. En d'autres termes, l'occasion était pour le Maroc de mettre l'accent sur l'accroissement continu de ses importations au détriment de ses exportations. Outre les négociations en cours sur la libéralisation du commerce des services et du droit d'établissement, Rabat sensibilise la partie européenne à la finalisation des négociations portant sur les échanges agricoles, agro-industriels et de la pêche, qui une fois achevées, amélioreront l'accès au marché communautaire pour les produits agricoles marocains. Ces derniers disposent d'un fort potentiel à l'export et sont encore soumis à des restrictions à ce marché.
C'était à la Chambre des conseillers, au cours de la séance hebdomadaire des questions orales du 14 avril, qu'Abdellatif Maâzouz, ministre du Commerce extérieur, a annoncé la prochaine mise en place d'une Commission conjointe maroco-espagnole pour se pencher sur les menaces des agriculteurs espagnols contre les exportations agricoles marocaines destinées au marché européen. Le ministre avait indiqué avoir soulevé cette question avec son homologue espagnole lors de sa dernière visite au Maroc, notant que celle-ci lui a promis d'examiner cette problématique avec les responsables régionaux de son pays (principalement l'Andalousie, Valence, Murcie et les Canaries), en vue de parvenir à une solution appropriée.
Les menaces des agriculteurs espagnols interviennent dans le contexte des négociations en cours avec la Commission pour la révision du protocole agricole de la convention de partenariat liant le Royaume et l'Union européenne destiné à la libéralisation des échanges agricoles et halieutiques. Ces réactions sont motivées par les craintes des agriculteurs espagnols quant à la forte compétitivité des produits agricoles marocains ainsi que par la volonté d'exercer des pressions sur la Commission européenne. Les préoccupations des producteurs ibériques sont partagées par leurs homologues d'autres pays de l'UE, tels que la Belgique, les Pays-Bas ou la Pologne.
Ces derniers sollicitent la Commission et demandent de prendre en compte les intérêts du secteur au sein de l'UE. Pour rappel, pour la tomate, produit au cœur «des croisades», l'accord datant de 2003 en prévoit l'exportation vers l'UE d'environ 220.000 tonnes, entre octobre et mai. Le Maroc aspire à doubler cette quantité initialement autorisée par l'accord. Et avec le Plan Maroc vert, notre pays se donne les moyens de ses ambitions.
Dans un contexte de crise internationale et de « guerre » commerciale et agricole, la nouvelle stratégie de promotion des exportations agricoles et agroalimentaires, qui sera bientôt mise en oeuvre, cible 17 marchés. L'annonce était celle d'Abdellatif Maâzouz, alors intervenant à Meknès, dans le cadre d'un débat sur la problématique de « l'agroalimentaire marocain face à la crise mondiale», initié en marge du 4e Salon international de l'agriculture au Maroc (SIAM). Cette stratégie cible six pays de l'Union européenne, deux en Amérique latine, ainsi que la Russie, l'Ukraine, le Japon, Singapour et des pays de la région MENA.
Ce plan d'action vise aussi la restructuration et le renforcement des organismes en charge de la promotion et de la commercialisation, à savoir l'Office de commercialisation et d'exportation (OCE) et l'Etablissement autonome de contrôle et de coordination des exportations (EACCE), des produits agricoles et agroalimentaires, la normalisation, la labellisation et la certification des produits. Il est également annoncé l'ouverture de nouvelles antennes de Maroc Export (Centre marocain de promotion des exportations) sur les grands marchés stratégiques pour « être plus proche de la clientèle ».
Pour accompagner cette stratégie et faire face aux effets de la crise mondiale, le gouvernement a mis en place un fonds de promotion des exportations de 250 millions de dirhams pour l'année 2009 et une autre enveloppe du même montant pour l'année 2010. En faisant le constat de la situation de l'agroalimentaire marocain, le secteur est plutôt confronté à une crise de l'offre et non pas de la demande, qui va continuer de croître. Pour remédier à cette situation, le Plan Maroc vert (PMV) a apporté des solutions visant à renforcer et à diversifier l'offre agroalimentaire marocaine aussi bien sur le plan interne qu'externe. Le secteur a connu, au cours des huit dernières années en termes d'export, une tendance presque régulière de croissance située entre 3 et 5%. Dans le but de corriger, une fois pour toutes, l'image simplifiée de l'agriculture marocaine, le PMV s'est fixé comme objectif majeur de développer une agriculture performante à forte valeur ajoutée, tournée vers l'export et une agriculture solidaire.
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''Export vert''
Le Plan Maroc vert ambitionne dans ce cadre l'accroissement de la valeur des exportations de 8 à 44 MMDH pour les filières où le Maroc est compétitif (agrumes, oliviers, les fruits et légumes) et le lancement d'une nouvelle vague d'investissements estimés à 10 MMDH annuellement par la mise en place de 1.500 projets. Le développement du secteur agroalimentaire repose sur l'amélioration de l'offre de matières premières agricoles en qualité et en quantité ainsi que le développement de zones industrielles de type agropole. Deux seront construites cette année encore et quatre plus tard en partenariat avec les ministères concernés. Si la diversification de l'offre est le premier pilier de la relance, il n'en reste pas moins que l'essor de l'agro-industrie est en grande partie tributaire de sa capacité à développer davantage ses débouchés.



















