Le moral des épargnants semble très affecté. Alors que l’ensemble des indicateurs de confiance convergeait vers une reprise, le marché est clairement dans l’incertitude. Les investisseurs ont dû faire face, depuis le début de l’année, à plusieurs évènements perturbateurs (politique, économique,…).
A commencer par l’instabilité géopolitique croissante dans la région. Ensuite, les mouvements de protestation et de réforme engagés au Maroc affectent directement le moral des boursicoteurs. Dans ces conditions, les décisions d’investissements sont fortement corrélées aux facteurs psychologiques. Preuve en est, au niveau des fondamentaux des sociétés cotées, le marché atteste dans son ensemble d’une performance opérationnelle durable. La masse bénéficiaire a progressé de 8,8% contre les 11% initialement prévu. Les dividendes annoncés augmentent de 2,5%. En dépit de ces fondamentaux, la reprise tarde à s’installer sur le marché. «Le Maroc a vécu plusieurs petites crises par le passé et à chaque fois les bases fondamentales étaient largement dépassées», affirme Younes Benjelloun, administrateur associé au sein de CFG Group.
Toujours est-il que les indices persistent sur un trend baissier creusant les pertes depuis plusieurs mois. En effet, le Masi a clôturé à son plus bas niveau de l’année lors de la séance du 29 juin à 11.512,79 points. Selon le marché, si l’indice casse le seuil de résistance des 11.500 points, le mouvement baissier se confirmera. Mais le plus inquiètant, ce sont les volumes qui ne cessent de se réduire. «La tendance sur le marché corrige par les flux des échanges et non pas par les cours des indices. En d’autres termes, quand la situation nécessite un ajustement ce sont les volumes qui s’effondrent», souligne Benjelloun. En effet, malgré les quelques opérations sur le marché de bloc (notamment la cession des 20% de la BCP), les échanges, dans leur ensemble, restent très timides, ce qui rend le marché assez fébrile. «Le manque d’instruments adéquats (produits dérivés, vente à découvert,…) en est une cause. Dans ce sens, plusieurs pistes sont notamment exploitables. Les produits dérivés en font partie. Le texte concernant les prêts emprunt/titre a été voté par la première chambre et devrait l’être par la seconde. D’ici là, les nouveaux arbitrages possibles risquent de se faire attendre.
Le défi actuel est d’avoir une visibilité sur les mois à venir. La seule chose claire est que la reprise risque d’être très difficile à prévoir. «La reprise, comme constatée par le passé, a toujours été sous forme d’étincelles qui provoquent momentanément le retour des volumes. Aujourd’hui, avec ce qui est en train de se passer sur le plan politique, c’est possible que les choses commencent à changer et ce, dès la semaine prochaine», explique Benjelloun.
Scenarii
Pour plus de visibilité, l’analyse technique pourrait être l’instrument adéquat. Deux scénarios sont donc mis en avance. Pour les plus pessimistes, le baromètre de toutes les valeurs n’est pas près de quitter son canal baissier. S’il casse le seuil des 11.500 points, le scénario d’une chute vers les 11.000 points, voire même les 10.000 points, est fort présent. «En tout cas, pour les semaines à venir et si ce scénario se confirme, l’écroulement pourrait être aussi brutal que celui de 2008», estime un analyste. A l’inverse, pour les plus optimistes, un rebond du Masi est fortement pressenti. L’échéance d’une reprise en septembre prochain reste toujours d’actualité.













