Un léger vent d’optimisme souffle sur le marché des matériaux de construction. Fortement lié à l’immobilier, le secteur a fait ces dernières années les frais de la conjoncture que traverse ce dernier.
Néanmoins, les professionnels, qui misaient gros sur la saison estivale pour booster les ventes, sont restés sur leur faim. «Nous avons enregistré une légère reprise ces deux derniers mois, mais cela ne répond pas à nos attentes», indique Mohamed Badad, directeur délégué de la Fédération des industries de matériaux de construction (FIMC).
Le petit rebond estival serait dû, selon Badad, au retour des Marocains résidant à l’étranger. Mais difficile de mettre cette reprise, aussi timide soit-elle, au compte des MRE. Ceci d’autant plus que les ventes de l’immobilier continuent de stagner (voir p.14).
En tous cas, le logement économique et moyen standing est le plus demandeur de matériaux de construction. C’est du moins ce qu’affirme le directeur délégué de la FIMC: «Le haut standing, même avec la baisse des prix qui a atteint 7.000 DH m2 à Casablanca et Marrakech, reste peu attractif ».
Côté cimentiers, le statu quo est également le mot d’ordre: «la consommation du ciment en juillet a augmenté de 1% par rapport à la même période de l’année dernière», souligne Ahmed Bouhaouli, directeur délégué de l’Association des professionnels du ciment (APC).
Avec un volume de 1,32 million de tonnes, les ventes du mois de juillet dernier ont enregistré une augmentation de 1% par rapport à celles de juillet 2008 (1,30 million de tonnes). Elles se situent encore au-dessus de la moyenne mensuelle de l’année dernière. En 2008 en effet, la consommation avait enregistré pendant la même période une augmentation de 15%, mais il faut dire que cette année a été exceptionnelle, poursuit-il. Le moteur de la construction y tournait à plein régime et l’immobilier connaissait son âge d’or. Au 31 juillet 2009, les ventes de ciment ont atteint 8,8 millions de tonnes à fin juillet, avec une augmentation de 0,94%. «Pas de miracle pour le reste de l’année. Le marché s’achemine vers une croissance de 2%», prédit le directeur délégué de l’APC.
Pas de changement également dans la consommation de l’acier. Les usines de Sonasid, premier opérateur du marché, n’ont pas augmenté leur production. «Nos unités de production tournent à la cadence normale», est-il indiqué auprès de l’entreprise.
La filière des matériaux de construction compte plus de 700 entreprises employant quelque 35.000 salariés. Elle se distingue toutefois par une double concentration économique et géographique. Environ 22% des entreprises du secteur réalisent 80% du chiffre d’affaires global et 37% totalisent 80% des emplois. Les deux tiers des entreprises sont positionnées sur l’axe Casablanca-Kénitra.
















