Pléthore de chiffres, hier mercredi 17 février, lors de la présentation du bilan 2009 de la Holding Al Omrane et son plan d’action 2010.
Le président Najib Laraichi annonce d’emblée la couleur: 2009 a été une année difficile pour le secteur de l’immobilier. En témoignent les indicateurs relatifs à la consommation de ciment, dont la progression pour les 10 premiers mois de 2009 n’a pas dépassé 3,6%, contre 11,6% pour la même période en 2008.
Autre indicateur confirmant une conjoncture difficile dans l’immobilier en 2009: la production des logements sociaux. En 2009, la production de ce type d’habitat s’est limitée à 92.000 unités, contre 129.000 en 2008 (soit un recul de 30%).
Pour sa part, la progression de l’encours des crédits immobiliers a marqué le pas. Ces derniers ont tout de même atteint 168,4 milliards de DH l’année dernière (soit une progression d’à peine 15%). Nous sommes donc loin du bond réalisé par le prêt immobilier entre 2007 et 2008, passant de 93,37 milliards de DH à 146,8 milliards de DH en 2008. Ce qui représente une augmentation de 57%. Le programme Fogarim non plus n’a pas fait mieux.
Au contraire, les prêts garantis dans le cadre de ce programme se sont élevés à peine à 9,8 milliards de DH contre presque 15 milliards de DH en 2008 (soit une baisse de 34%). Ce programme avait plafonné en 2007, avec un volume de prêts garantis de plus de 16 milliards de DH.
Toutefois, «en dépit d’une conjoncture morose, Al Omrane a quand même réalisé un volume d’investissement de 8,3 milliards de DH, en augmentation de 14% par rapport à 2008. Ce qui en fait la première entreprise publique en termes d’investissements», déclare Laraichi.
Selon le patron d’Al Omrane, l’année 2009 a été marquée par deux faits majeurs. Il s’agit d’abord de la signature de l’acte de naissance d’une ville nouvelle près du port de TangerMed. Et ensuite de Chrafate, qui s’étendra sur 1.200 hectares, dont 769 ha d’habitat et 350 ha destinés aux activités. Une ville qui accueillera 36.000 logements, destinés à 180.000 personnes.
Réalisée à l’horizon 2016, l’aménagement de cette villa a nécessité 2,3 milliards de DH. Les engagements consentis en 2009 se sont élevés à 47,7 milliards de DH. En 2010, l’investissement sera de 300 milliards de DH.
Autre fait marquant, la mobilisation de 3.853 ha de foncier public. Une réserve située dans 32 villes, répartie à travers 10 régions et destinée à la construction de pas moins de 200.000 logements. Cette assiette foncière sera répartie, à raison d’un tiers, entre le logement à 140.000 DH, le logement économique à 250.000 DH et l’habitat réservé aux classes moyennes.
Des chantiers ont été déjà ouverts au niveau du tiers de cette réserve. En 2010, Al Omrane compte construire 50.000 logements à 140.000 DH. La holding programme aussi d’achever un programme de 20.000 unités, dont 5.000 appartements à 140.000 DH. Toujours au chapitre des réalisations de l’année 2009, le président de la holding Al Omrane parle de la signature de 330 conventions signées avec 287 promoteurs immobiliers dans le cadre du partenariat public-privé. Ces accords portent sur 918 ha dédiés à la construction de 165.000 unités, dont 34.500 logements low-cost.
Des chantiers ont été lancés, d’autres sont en cours de finalisation. Mais ce qu’il faut surtout retenir, c’est que 31.100 logements ont été construits, dont 4.000 unités à 140.000 DH. En 2010, Al Omrane prévoit la livraison de 20.000 logements supplémentaires, dont 5.000 au prix de 140.000 DH. De plus, 33.000 unités de ce type seront lancées en 2010. Par ailleurs, le programme Villes sans bidonvilles (VSB) avance bon an mal an, selon les centres urbains. Ainsi, en 2008, environ 48.000 baraques ont été détruites après le recasement de leurs occupants. Mais en 2009, Al Omrane n’a pas pu rééditer ces mêmes proportions, se limitant à détruire 18.000 baraques seulement.
«En 2009, les autorités locales et collectivités étaient trop occupées avec les élections», explique le président de la holding. Toutefois, ce dernier affirme que 17.000 unités sont déjà prêtes et sont destinées au relogement de ces populations. Toujours dans le cadre de ce même programme, 204.000 logements sont en chantier ou déjà réalisés, dont les deux tiers par la holding. Au total, 20 villes seront déclarées sans bidonville en 2010 et s’ajouteront à 40 autres centres urbains ayant ce même label.
Villes nouvelles
Al Omrane s’active également dans le programme des villes nouvelles. Ainsi, le nouveau pôle urbain de Tamesna, qui a connu quelques problèmes suite à la défection de General Contractor Maroc (GCM), accueille 6.500 habitants. Pour sa part, Tamansourt accueille déjà 26.000 personnes. Quant à Chrafate, Al Omrane est actuellement en train de réaliser le montage financier pour la construction de l’infrastructure de base de la première tranche.
















