Pour y remédier, Bank Al-Maghrib, le Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM), la Caisse centrale de garantie (CCG), la CGEM et l’ANPME, ont multiplié les opérations de séduction auprès des opérateurs de 11 régions. La dernière rencontre a eu lieu jeudi dernier, à Casablanca. «Les PME se caractérisent par leur manque de structuration financière, ainsi qu’une mauvaise connaissance du marché», explique Mohamed Bahami, représentant de l’ANPME. Ce dernier était présent pour faire connaître les programmes d’accompagnement de la PME, proposés dans le cadre du plan Emergence. A ce jour, les objectifs sont loin d’être atteints. L’on tablait, au niveau du programme Imtiaz, d’accompagner 50 entreprises par édition. Néanmoins, seulement 33 entreprises ont été touchées lors des deux dernières éditions, soit à peine 30% de l’objectif. Sur l’ensemble de ces 33 projets, Imtiaz a octroyé plus de 113 millions de DH, sur un total d’investissement de 666,4 millions de DH. Du côté du programme Moussanada, 346 PME ont bénéficié des aides par rapport à un objectif de 500 entreprises.
Malgré des initiatives de soutien à la PME, les opérateurs se plaignent du manque de communication et des difficultés d’octroi de financement. «Les banques ne font pas confiance aux entreprises en phase de démarrage, et exigent beaucoup de garanties», regrette un opérateur. La constitution d’un dossier de crédit nécessite la présentation d’un ensemble de garanties, à savoir des hypothèques dont ne dispose pas forcément une entreprise en phase de lancement. Ainsi, les PME appellent à plus de souplesse et de confiance. L’un des points sujets à moult interrogations est la catégorisation de certains secteurs en tant que sinistrés, notamment celui du transport. Un gérant d’entreprise de transport a constaté que «le secteur souffre de préjugés, et du coup, l’on se retrouve face à une difficulté d’accès au financement bancaire».
BAM rassure les opérateurs et garantit la non-existence d’une discrimination sectorielle dans l’octroi des crédits. Pour sa part, El Hadi Chaïbaïnou, directeur général du GPBM, explique que «la banque a beaucoup de critères de sélection et de règles prudentielles. On ne doit pas avoir des difficultés qui remettent en cause la rentabilité de l’affaire». Enfin, quelques entrepreneurs ont appelé à «la création d’une banque dédiée uniquement aux PME».













