L’offre casablancaise en termes de logistique est-elle suffisante? Pas du tout.
Le SDAU (Schéma directeur de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme) souligne la nécessité de sa modernisation. Le document insiste sur «le développement d’un véritable secteur de logistique, en particulier la logistique liée à la distribution pour les grandes surfaces et implantation des grandes enseignes».
Les responsables de la ville ont donc du pain sur la planche. S’ils veulent gagner le pari du développement, ils ont intérêt à revoir la localisation et le mode de fonctionnement des équipements qui jouent un rôle de plate-forme logistique, à savoir le marché de gros, les abattoirs et Derb Omar. Pour ce dernier site, le plan Rawaj vise justement sa restructuration. Un pari difficile en raison de la résistance des commerçants.
Les poids lourds posent aussi problème. D’abord, leur passage dans le centre-ville engorge la circulation et exerce une grande pression sur l’infrastructure routière. Pour résoudre cette problématique, l’Agence urbaine appelle à mettre en place des itinéraires dédiés entre le port et le réseau autoroutier. Une mesure d’autant plus urgente que le trafic des conteneurs «est estimé à 7.000/jour dans les deux sens à l’horizon 2030», selon les prévisions du SDAU.
Pour ce qui est du système aéroportuaire, que les autorités de la métropole mettent souvent en avant comme atout majeur, il nécessitera aussi des réformes. «Car dans l’hypothèse de 7% de croissance annuelle des passagers, l’offre actuelle de l’aéroport Mohammed V continuera à répondre aux besoins jusqu’en 2015, après ce sera ingérable», conclut le SDAU.
Concernant le port, nulle réponse à la hausse du trafic conteneurs. «Actuellement, nous sommes à 700.000 EVP (équivalent vingt pieds) contre 445.000 en 2003, soit 13% de croissance annuelle», affirme un responsable de l’Agence urbaine. Du coup, une mise à niveau s’impose d’urgence. Selon l’agence, à l’horizon 2030, Casablanca devra assurer le traitement d’une capacité supplémentaire de près de 3,5 millions EVP». Le SDAU propose de réaliser des quais supplémentaires et des surfaces de stockage à l’intérieur et à l’extérieur de l’enceinte du port. La réforme de la plateforme portuaire devrait aussi passer par l’extension vers l’est dans un premier temps. Ensuite, la réalisation d’un nouveau port sur la façade maritime du site industriel de la Samir est préconisée.