C'est par ces revendications, jugées légitimes par le Premier ministre lui-même, que Abbas El Fassi a été reçu par la communauté marocaine établie en Tunisie. Pour sa première rencontre avec nos ressortissants dans les pays arabo-musulmans, le Premier ministre a été accueilli, vendredi après-midi, par un bain de foule qui l'attendait à l'entrée et dans la salle aménagée pour l'occasion, à la résidence de Najib Zerouali Ouariti, ambassadeur de S.M. le Roi en Tunisie, située sur la place Pasteur en plein centre de Tunis. L'échange était fructueux et le Premier ministre s'est engagé à trouver des solutions aux doléances des résidants marocains dans le premier pays dans le monde arabe à abolir la polygamie.
La capitale tunisienne a également abrité les travaux de la 14e session de la haute commission mixte, présidée par les premiers ministres des deux pays, A. El Fassi, et Mohamed Ghannouchi, son homologue tunisien. A l'issue de ces travaux, le Maroc et la Tunisie ont réaffirmé avec force leur volonté d'impulser aux relations bilatérales un nouvel élan en vue de l'intégration économique tant rêvée. La réunion a surtout permis d'examiner les modalités de lancement de la Banque maghrébine d'investissement et de commerce extérieur (BMICE) et de la souscription au capital de cette institution régionale.
Son capital, qui s'élève à 500 millions de dollars, sera réparti entre les cinq pays membres de l'UMA. L'objectif est de contribuer à l'édification d'une économie maghrébine compétitive et intégrée, à la réalisation des projets mixtes, à la promotion les échanges commerciaux intermaghrébins et au renforcement des investissements et la circulation des biens et des capitaux entre les pays du Maghreb, notent les responsables des deux côtés. Dans ce cadre, une commission de réflexion a été mise en place pour examiner les moyens de renforcer la coopération entre les deux pays dans le cadre de l'Accord d'Agadir signé en février 2004 pour la création d'une zone de libre-échange entre le Maroc, la Tunisie, l'Egypte et la Jordanie, et qui est entré en vigueur en avril 2006. Cette commission de réflexion devrait se réunir dans les semaines à venir.
La Tunisie occupe le premier rang des pays africains pour la compétitivité économique et 80% des citoyens sont propriétaires de leur logement. L'espérance de vie y est la plus élevée du Continent. La mendicité est interdite, moins de 4% de la population vivent en dessous du seuil de pauvreté et le Fonds de solidarité, un programme de promotion des régions défavorisées, a été adopté par les Nations unies en tant que programme modèle.
Tunis et Rabat sont liées par un accord de jumelage dans le cadre de l'unité du Maghreb Arabe. La capitale tunisienne entretient aussi des relations de coopération avec Casablanca et Marrakech. Environ 13 500 Marocains et Marocaines vivent en situation régulière en Tunisie. Mohamed El Hajji, président de l'Amicale des travailleurs et commerçants marocains en Tunisie et secrétaire général de l'Association de la Maison de bienfaisance Mohammed V, demande la révision de certains accords bilatéraux intéressant les MRE concernant particulièrement la résidence, la sécurité sociale, la retraite et l'enseignement. « Notre association a été constituée en 1984 pour répondre aux intérêts d'environ 7 000 Marocains et Marocaines en situation régulière », explique-t-il. M. El Hajji a proposé une série de mesures visant à résoudre les problèmes des transports aérien et maritime, à activer les moyens d'ouvrir une ligne maritime entre la Tunisie et le Maroc, à faciliter la procédure de l'octroi et du renouvellement des cartes de séjour, à apporter une assistance matérielle à la « Mabarrate Mohammed Al Khamis » (Maison de bienfaisance Mohammed V) et à dynamiser les actions humanitaire et sociale de cette institution.
Pour Mustapha Moulouê, membre du bureau de l'Association de la Maison de bienfaisance Mohammed V, « la compagnie aérienne Royal Air Maroc pratique des tarifs très chers par rapport à d'autres compagnies. Une famille constituée de cinq ou six enfants ne peut pas prendre l'avion et préfère rester en Tunisie au lieu d'aller passer ses vacances dans le pays d'origine. De ce fait, des familles n'ont pas pu aller au Maroc depuis plusieurs années.
De son côté, Ahmed Mahdati, résidant depuis 1998 à Tunis, artisan, dit vouloir parler au nom de tous las Marocains résidant en Tunisie et « qui sont exposés à des dépassements regrettables, enregistrés à l'occasion des expulsions », d'après lui.
Les Marocains ont un autre problème, celui du transfert de leur argent au Maroc. Ils demandent un quota un peu élevé dans les banques privées, pour le retrait de leurs biens au Maroc. D'autres ont réussi, à l'image de Abdelkarim Azhar, traiteur. C'est d'ailleurs à lui que les responsables de l'ambassade ont fait appel pour préparer au Premier ministre et à la délégation qui l'accompagnait, les spécialités marocaines à l'occasion du dîner offert, vendredi soir, par Najib Zerouali Ouariti, ambassadeur de S.M. le Roi en Tunisie. Pour lui, les problèmes des Marocains résident dans le fait que «la plupart d'entre eux ne disposent pas de papiers de résidence et de voyage ».
Par contre, Amal Sehnouni, résidante à Tunis et mariée à un Tunisien, est confiante. Elle rassure que tout va pour le mieux.
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Patience perdue
Capitale de la Tunisie, Tunis est célèbre par ses souks, ses remparts et portes, ses édifices religieux, ses espaces verts, sa banlieue et ses musées.La Primature tunisienne se trouve en pleine kasbah. Située en haut de la médina et abritant le quartier des ministères et des administrations publiques, elle est inscrite depuis octobre 1979 par l'UNESCO sur la liste du Patrimoine mondial de l'humanité pour ses qualités urbaines et sa richesse en monuments dont les plus anciens remontent au IXe siècle. Seulement, les journalistes marocains venus la visiter ont été logés, à l'autre périphérie, à l'hôtel Barcelo Cartahage à Ghammarth, une petite bourgade touristique haute gamme située à une vingtaine de kilomètres de l'aéroport et à 35 km du siège de la Primature.
Toujours accompagnés par des agents de l'Agence tunisienne de la communication extérieure (ATCE), les représentants de différents organes de la presse écrite marocaine ont passé plus de temps dans le bus réservé pour leur déplacement que de rendre compte de ces travaux ou de réaliser des enquêtes et reportages sur le pays et sur les Marocains établis en Tunisie. L'itinéraire emprunté est long et fait perdre beaucoup de temps et d'énergie surtout avec l'embouteillage qui caractérise la majorité des routes, y compris les entrées de la ville. Avec l'augmentation du parc automobile, la dynamique socioéconomique de certaines zones vu la bonne santé des entreprises situées dans les banlieues sud et nord, le problème de circulation pour aller d'une banlieue à l'autre se pose avec acuité.
Cette «difficulté » sera sûrement dépassée après la construction de ce pont géant qui reliera pont de Radès à La Goulette. Le financement du projet tuniso-japonais est de l'ordre 141 millions de dinars tunisiens. Le démarrage des travaux a commencé en août 2004 pour se poursuivre 36 mois. En attendant son achèvement, les journalistes ont été obligés de patienter derrière une longue file pour arriver à destination.













