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Microcrédit, le gouvernement à la rescousse du secteur de la microfinance

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Les participants à la 2e Conférence internationale «microfinance et nouvelles technologies» ( Marrakech), ont été unanimes à souligner : avec 1,24 million de clients actifs, le Maroc est un leader en matière de micro finance dans le pourtour méditerranéen.

Mais cette belle performance ne doit pas faire oublier que rien n'est acquis définitivement et que pour, préserver sa prééminence, il faut rester à l'affût de la moindre défaillance pour réagir promptement et remédier à tout problème qui pourrait enrayer la machine et limiter son efficacité.

C'est ce principe justement qui a sous-tendu l'action du gouvernement depuis 2007, date de l'apparition des premiers signes d'essoufflement du secteur.

Impulsé par un cadre juridique approprié, par l'appui des pouvoirs publics et par le dynamisme des acteurs associatifs, le micro-crédit a connu un essor sans précédent depuis l'année 2000. Mais après cette période d'euphorie, la progression de l'activité a enregistré un certain ralentissement tant en termes du nombre de clients que d'encours de crédits.

En 2008, le portefeuille à risque de la clientèle s'est détérioré. Et le taux des créances en souffrance a progressé. « Le Maroc est leader dans la région MENA et entend bien le rester. C'est pourquoi la réaction de toutes les parties concernées a été rapide en s'attaquant aux origines du problème », souligne Ikhlas Amghar, chef des services banques à la di

rection du Trésor. Ainsi, précise la même responsable, les Associations de micro-crédits se sont mises à réviser les procédures d'octroi des crédits, du suivi de la production et du remboursement et de la gestion des antennes. La FNAM pour sa part, a mis en place des groupes de travail relatifs aux systèmes d'information, au reporting, à la gouvernance et au contrôle interne. Alors que de son côté, le ministère de l'Economie et des finances a adopté en décembre 2008 un arrêté relatif au classement et au provisionnement des clientèles des AMC. Dans le même sens, Bank Al Maghrib a édicté en septembre 2009 une directive relative à la gouvernance des AMC. Mais au-delà de ces mesures rapides, le ministère de l'Economie et des finances s'est rendu compte qu'il était primordial de renforcer et d'immuniser le secteur sur le moyen et long termes. « C'est pourquoi, il a entrepris concomitamment deux actions majeures.

La première concerne l'étude sur la transformation institutionnelle des associations de micro-crédit. Et la seconde concerne le projet de création d'un réseau de la microfinance solidaire », indique Mme Amhgar.
Initiée dans le cadre du Millenium challenge Corporation, l'étude en question devrait s'effectuer en cinq phases. Encadrée par un comité de pilotage constitué notamment de représentants du ministère de l'Economie et des finances, de Bank Al Mahgrib et de l'ADS, cette étude se trouve en sa quatrième phase et doit être finalisée fin avril 2010.

« Elle a pour objectif de définir le statut vers lequel devraient évoluer les associations qui désirent se transformer et qui en ont la capacité. L'étude porte également sur l'assistance technique au profit de ces associations tout au long du processus de transformation ». Pour ce qui est du projet de création d'un réseau de la microfinance solidaire, le but est de préserver la diversité du secteur et d'assurer les conditions de la pérennité des associations de petite taille.
« Le secteur étant très concentré, les quatre grandes associations (Zakoura, Amana, FBPMC et Fondep) représentent 90 % du total des crédits distribués. Les autres associations de micro-crédits, bien que leur poids dans le secteur soit faible, jouent un rôle important du fait notamment de leur proximité des populations cibles », poursuit le responsable du ministère des Finances .

Ainsi, une réflexion est en cours, sur la création d'un réseau de la microfinance solidaire avec l'essentiel des associations de petite taille. Ce réseau serait bâti autour d'une plateforme commune de soutien aux associations membres (système d'information, suivi comptable, recouvrement judicaire, reporting) et permettra de renforcer les synergies entre les institutions et d'assurer une plus grande transparence, un développement concerté et des appuis ciblés aux associations qui seraient en difficulté.
Conscient de l'importance du micro-crédit dans la lutte contre la pauvreté et l'exclusion, le gouvernement ne pouvait rester indifférent devant les premiers signes de détresse émis par le secteur.

Appui aux AMC
Le ministère de l'Economie et des finances poursuit ses efforts pour mobiliser des ressources supplémentaires en faveur des Associations de micro-crédits. Outre la création du Fonds Jaida en 2007, on peut citer le financement par le MCA (Millénium Challenge Account) du projet «  services financiers » pour un montant de 46,2 millions de dollars. De même, les pouvoirs publics ont pu mobiliser des ressources dans le cadre des la coopération bilatérale, notamment à travers un projet d'appui aux micro entrepreneurs dans les provinces du nord avec la coopération belge pour un montant de 2 millions d'euros. Un autre projet d'appui aux Associations de micro-crédit est prévu au titre de la coopération italienne à travers une ligne de crédit de 6 millions d'euros et un don d'un million d'euros pour l'assistance technique au profit des AMC.

 

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