La procédure ISO n’impose pas l’accompagnement par un cabinet de conseil. A titre d’exemple, Maghreb Steel a effectué la démarche en solo avec succès.
Un responsable qualité expérimenté peut remplacer un cabinet conseil mais ce dernier, outre un capital expérience diversifié, offre l’avantage de poser un regard externe sur l’entreprise contrairement aux employés internes formatés par leur environnement. Depuis une dizaine d’années, le nombre de cabinets conseil a littéralement explosé pour passer d’une quinzaine à 70, de taille variant entre une seule à une quinzaine de personnes. Concrètement, 80% des parts de marchés sont détenues par cinq ou six cabinets de renom.
Dans le cas d’une démarche standard, le rôle des consultants va de l’état des lieux à l’audit à blanc -réalisé par l’entreprise elle-même en collaboration avec le cabinet de consultants- en passant par l’analyse des données, la formation et la sensibilisation du personnel, la rédaction et la mise en place des processus ainsi que la formation d’auditeurs internes imposés par la norme.
Quant à la certification, elle est obligatoirement accordée par un organisme certificateur accrédité -appartenant au réseau créé par l’Organisation internationale de standardisation (ISO)- qui, à son tour, a le droit d’en accréditer d’autres. Une dizaine d’entre eux -dont certains proposent également du conseil en accompagnement- sont représentés au Maroc à savoir AFAC, BVQI, Moody, SGS et TÜV sans oublier le SNIMA.
Coût et financement
D’après Dina Hessissen, directeur associé du cabinet Licorne, trois grandes familles de coûts doivent être envisagées.
La première facture concernant les conseils et formations prodigués par les cabinets d’accompagnement se situe généralement entre 200.000 et 3 millions de dirhams en fonction de la taille de l’entreprise. Vient ensuite le coût de l’organisme certificateur évalué au quart de la dépense consentie pour le cabinet conseil -soit entre 10 et 20% du coût global d’une démarche qualité- auquel s’ajoutent les interventions annuelles pour les audits de suivi ou de renouvellement.
A cet égard, le ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI) pratique des tarifs peu élevés en guise d’encouragement.
Le troisième et dernier poste de dépenses concerne les coûts de gestion tel le temps passé par les acteurs internes -difficilement chiffrable- et les recrutements éventuels d’experts qualité ainsi que leurs salaires. La plupart des entreprises autofinancent leur démarche qualité, considérant qu’il s’agit d’un investissement comme un autre avec sa propre rentabilité, mais les pouvoirs publics, dans le cadre de leur politique d’encouragement à la mise à niveau et à la modernisation, ont prévu des possibilités de financement.
Sous tutelle du MCI, l’Association nationale pour la promotion des PME (ANPME), cofinancée par l’Union européenne pour le Fonds national de mise à niveau (FOMAN) et le programme de Modernisation des PME -MEDA II (110 PME ont bénéficié depuis septembre 1994 de son soutien) et les Groupements interprofessionnels d’aide au conseil (GIAC) financent jusqu’à 90% de l’opération.
A condition que l’organisme demandeur de fonds remplisse les critères de sélection et de recevabilité. Dans ce cas, la contribution des entreprises devient minime par rapport au coût total de la procédure. Par contre, les audits de suivi et de renouvellement doivent être intégralement assumés par les sociétés. «Mais comme ces dernières ont été «vaccinées», elles poursuivent leurs efforts», affirme Latifa Echihabi, directrice générale de l’ANPME. En pratique, la durée d’une procédure de certification oscille entre neuf et 18 mois, voire deux ans en fonction de l’ampleur du projet et de la taille de la structure. La moyenne étant de 12 mois.
Le certificat délivré à l’issue de la démarche a une validité limitée à trois ans. Outre les audits annuels de suivi effectués par les organismes de certification, les entreprises subissent tous les trois ans un audit de renouvellement. Le champ géographique de la certification doit impérativement être défini au début de la procédure.













